Communiqué TchernoBlaye du jeudi 24 février 2005 : Mégajoule au Barp : les riverains sont ils en danger ?

jeudi 24 février 2005

Communiqué TchernoBlaye du jeudi 24 février 2005 :

Mégajoule au Barp : les riverains sont ils en danger ?

Tchernoblaye demande la vérité sur les expériences menées par le CEA au Barp

Si le Mégajoule lui-même ne semble pas représenter de danger direct pour les riverains, de sérieux doutes subsistent concernant les expériences menées par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dans le centre nucléaire du CESTA, qui existe depuis 1965, et qui accueille aujourd’hui le chantier du Mégajoule.

Ainsi, au moins deux lâchers d’hexafluorure d’uranium (UF6) à l’air libre ont eu lieu : "autour d’avril 1986" (50kg) et le 10 avril 1987 (146 kg). Le compte-rendu du Comité central d’hygiène et sécurité de CEA (CCHSC) du 11 mars 1987 note que "les tirs radioactifs répandent de l’uranium sur le sol ; dans l’eau et dans l’air" et que "les lâchers d’UF6 ont certainement laissé des traces"

Incroyable : "L’objectif de ces lâchers consistait à "mieux comprendre" le comportement de l’hexafluorure d’uranium (UF6) rejeté sous forme gazeuse dans l’athmosphère" ! (cf "La France nucléaire" édition 2002 ; Sur le web : www.francenuc.org/fr_sites/aquit_cesta_f.htm) Les riverains ont donc servi de cobayes pour les expériences du CEA !

Par ailleurs, d’après le compte-rendu du CCHSC du 20 octobre 1971, des "tirs froids" ont eu lieu, "mettant quelquefois en oeuvre des substances radioactives (probablement de l’uranium naturel et de l’uranium enrichi), associés à des explosifs chimiques" (...) "Les tirs ont lieu, suivant leur puissance et leur nature, soit sur le centre même, soit sur le centre d’expérimentation extérieure." Ce dernier est situé à 25 km au sud du Barp, à Saugnac-et-Muret (33).

Enfin, l’inventaire 2000 de l’Andra (Agence nationale des déchets radioactifs) note que 600 m3 de terres contaminées à l’Uranium 238 ont été conditionnées et entreposées dans un hangar en 2000 et que "les évolutions à moyen et long terme de la migration des polluants ont été évaluées" : on est donc en droit de craindre des contaminations qui ne sont pas supprimées par leur simple "évaluation" ! (www.andra.fr/AQU10.pdf)

La "demi-vie" de l’Uranium 238 étant de 4,5 milliards d’années (!!!), la question se pose : dans combien de siècles sera-t-il sans danger d’habiter près du Barp ?


Lettre au Président du Conseil Régional d’Aquitaine
(la même a été expédiée au Pdt du Conseil Général de la Gironde)

Jeudi 24 février 2005

Association TchernoBlaye
c/° cinéma Utopia
5 pl Camille Jullian
33000 Bordeaux

à M. Le Président du
Conseil Régional d’Aquitaine

Objet : santé des riverains du site du Commissariat à l’énergie atomique du Barp

Monsieur le Président,

vous soutenez l’installation du Laser Mégajoule en Gironde, sur le site du CEA-CESTA du Barp. L’objet de ce courrier n’est pas de débattre du bien fondé de cette position*, mais d’attirer votre attention sur les problèmes de santé dont pourraient être victimes les riverains du Cesta, dont le nombre est d’ailleurs croissant.

Si le Mégajoule lui-même ne semble pas représenter de danger direct* pour les riverains, de sérieux doutes subsistent concernant les expériences menées par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dans le centre nucléaire du CESTA, qui existe depuis 1965, et qui accueille aujourd’hui le chantier du Mégajoule.

Ainsi, au moins deux lâchers d’hexafluorure d’uranium (UF6) à l’air libre ont eu lieu : "autour d’avril 1986" (50kg) et le 10 avril 1987 (146 kg). Le compte-rendu du Comité central d’hygiène et sécurité de CEA (CCHSC) du 11 mars 1987 note que "les tirs radioactifs répandent de l’uranium sur le sol ; dans l’eau et dans l’air" et que "les lâchers d’UF6 ont certainement laissé des traces"

Il semble bien que "L’objectif de ces lâchers consistait à "mieux comprendre" le comportement de l’hexafluorure d’uranium (UF6) rejeté sous forme gazeuse dans l’athmosphère" ! (cf "La France nucléaire" édition 2002 ; Sur le web : www.francenuc.org/fr_sites/aquit_cesta_f.htm). Les riverains ont donc servi de cobayes pour les expériences du CEA.

Par ailleurs, d’après le compte-rendu du CCHSC du 20 octobre 1971, des "tirs froids" ont eu lieu, "mettant quelquefois en oeuvre des substances radioactives (probablement de l’uranium naturel et de l’uranium enrichi), associés à des explosifs chimiques" () "Les tirs ont lieu, suivant leur puissance et leur nature, soit sur le centre même, soit sur le centre d’expérimentation extérieure." Ce dernier est situé à 25 km au sud du Barp, à Saugnac-et-Muret (33).

Enfin, l’inventaire 2000 de l’Andra (Agence nationale des déchets radioactifs) note que 600 m3 de terres contaminées à l’Uranium 238 ont été conditionnées et entreposées dans un hangar en 2000 et que "les évolutions à moyen et long terme de la migration des polluants ont été évaluées" : on est donc en droit de craindre des contaminations qui ne sont pas supprimées par leur simple "évaluation" ! (www.andra.fr/AQU10.pdf). La "demi-vie" de l’Uranium 238 étant de 4,5 milliards d’années (!!!), il est légitime de se poser des questions quant au fait d’habiter dans le Sud-ouest de la Gironde.

Nous vous demandons de prendre toutes les mesures en votre pouvoir pour établir la transparence la plus totale sur cette affaire : par exemple en vous faisant remettre par le CEA les documents relatifs aux expériences mentionnées, et en missionnant un laboratoire indépendant pour vérifier l’éventualité d’une contamination et/ou d’un danger pour les riverains.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, M. le Président, à notre engagement pour la protection de la santé, de l’environnement, et de la démocratie.

Pour l’association
Le Président
Stéphane Lhomme

* Nous nous permettons néanmoins de vous rappeler notre opposition totale au Mégajoule dont la finalité - la mise au point des bombes atomiques - ne saurait être excusée par les prétextes mis en avant, et qui ne sont d’ailleurs même pas justifiés :
- la recherche civile : un peu de temps d’utilisation du mégajoule sera concédée par les militaires... pour faire bon effet
- la dissuasion : les bombes atomiques des USA n’ont pas empêché le 11 septembre 2001...
- le développement économique : avec les mêmes sommes, il serait possible de créer et pérenniser beaucoup plus d’emplois avec une réelle utilité sociale : éducation, culture, santé, énergies renouvelables, etc.

Les Echos, 24/2/2005 :
Dossier Mégajoule - Armes nucléaires


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