Sud-Ouest, 26/2/2005 : Tchernoblaye en remet une couche contre le CEA

samedi 26 février 2005

Sud-Ouest, 26/2/2005 :

Tchernoblaye en remet une couche contre le CEA

L’association antinucléaire rappelle que des expériences à l’uranium ont eu lieu sur une annexe du Commissariat à l’énergie atomique et demande la transparence sur cette affaire.
L’association antinucléaire girondine TchernoBlaye se rappelle au bon souvenir du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dans un communiqué : l’établissement CEA-CESTA du Barp, où se construit en ce moment le laser Megajoule, a entreposé pendant plusieurs années des terres faiblement radioactives. Celles-ci provenaient d’une annexe du centre, implantée sur 900 hectares, à cheval sur Belin-Beliet et Saugnac-et-Muret (Landes).
Présent au Barp depuis 1965, le CESTA conçoit les têtes nucléaires de la force de dissuasion, sans que jamais les matières susceptibles de déclencher une réaction de fission nucléaire (uranium enrichi, plutonium) n’entrent sur son site. Mais les têtes destinées à accueillir ces matières doivent être capables de supporter toutes sortes de contraintes. Et leurs capacités détoniques (explosives) doivent être vérifiées. Pour ce faire, le CESTA dispose de l’annexe de Saugnac-et-Muret.
Tchernoblaye rappelle ainsi que le CEA a procédé, dans les années 80, à des lâchers de substances sous forme gazeuse radioactives et demande des explications sur ces expériences. « Il semble bien que l’objectif de ces lâchers consistait à mieux comprendre le comportement de l’hexafluorure d’uranium rejeté sous forme gazeuse dans l’atmosphère. » Pour le président Stéphane Lhomme, il s’agit donc aujourd’hui d’attirer l’attention « sur les problèmes de santé dont pourraient être victimes les riverains du CESTA » et de demander, par courrier, aux conseils général et régional « de prendre toutes les mesures en leur pouvoir pour établir la transparence la plus totale sur cette affaire ».
Métal lourd. Pour certaines de ces expériences, le CESTA utilisait en effet de l’uranium naturel ou appauvri, et donc faiblement radioactif, ce qui explique la présence de terres renfermant une dose de radioactivité. Par ailleurs, à deux ou trois reprises en 1986 et 1987, le site a été utilisé à la demande d’Eurodif, société franco-allemande spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium. Il s’agissait de comprendre le comportement sous forme gazeuse de l’hexafluore d’uranium, substance utilisée pour le transport d’uranium. Ces essais nécessitaient des conditions atmosphériques très spéciales, et notamment l’absence totale de vent. En l’occurrence, ce n’était pas tant la dimension radioactive de l’uranium qui était en question, que sa toxicité physico-chimique : comme le plomb ou le mercure, l’uranium est un métal lourd. Ces lâchers d’hexafluorure ne se sont plus reproduits depuis une quinzaine d’années.
600 mètres cubes de terres faiblement radioactives accumulées au cours de ces années ont été recueillies et acheminées en 2000 au Barp, où elles ont été stockées, avant d’être transférées sur le site de l’ANDRA (Agence nationale des déchets radioactifs) en Champagne. Et des mesures effectuées par le CEA à Saugnac-et-Muret en 2001 révélaient un taux de radioactivité très nettement inférieur aux normes admises.


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